L'entretien de Monsieur Abdelaziz Ziari,
 président de l’Assemblé populaire nationale
à El Moudjahid (Quotidien national )
du 02 février 2012

 

El Moudjahid : Quelle est votre appréciation du bilan de la session d’automne dont la cérémonie de clôture se fera aujourd’hui ?

Abdelaziz Ziari : La session d’automne a été, de mon point de vue, très satisfaisante et tous les objectifs ont été atteints. Mais je dois insister sur l’importance de cette session au regard de ce qui a été accompli durant ce semestre dans le cadre de l’approfondissement des grandes  réformes politiques décidées par le premier magistrat du pays.
C’est la session qui a eu à discuter de toutes les lois organiques, donc des lois fondamentales qui répondent aux promesses et aux engagements annoncées par le chef de l’Etat à l’occasion de son discours d’avril 2011, de renforcer le processus démocratique, de s’assurer de la création de l’ensemble des conditions pour que les élections législatives prochaines soient des élections avec une participation élargie bien plus qu’avant, puisque un certain nombre de partis politiques qui n’existaient pas, vont pouvoir entrer dans la compétition électorale et surtout s’assurer que ces élections soient encore plus transparentes, encore plus régulières et encore plus contrôlées dans le cadre d’une neutralité absolue de l’administration vis-à-vis de la classe politique et de tous ceux qui entreront en compétition électorale.
Je crois que la mission de l’Assemblée a été accomplie à cent pour cent, dans le respect intégral des préoccupations de tous et bien entendu de l’esprit et de la lettre des réformes qui ont été engagées par le Président de la République.

Et l’Assemblée populaire nationale de façon générale puisque c’est au sein de l’APN qu’ont eu lieu les débats qui ont été à l’origine de l’adoption d’un certain nombre d’amendements qui ont été autant d’enrichissements aux projets de lois présentés par le gouvernement.
Il ne faut pas se laisser prendre à un discours d’opposition qui nous paraît faire partie un peu du jeu politique.
Les projets de lois qui ont été présentés par le gouvernement ont été enrichis par l’assemblée nationale. Un certain nombre d’améliorations a même été apporté.
L’Assemblée est un forum de débat, un lieu pour débattre et lorsque ces projets de lois nous ont été soumis, il était évident pour tout le monde, y compris pour le gouvernement, que ces projets de lois allaient être l’objet de discussions, de débats et d’amendements.
Tous les amendements qui ont été faits, sont faits pour un renforcement de tout ce qui était attendu, c'est-à-dire, la transparence des élections, leur régularité, le contrôle de tout leur processus électoral.
Et je défie quiconque de relever, dans tous les amendements qui ont été faits par l’Assemblée et dans toutes les interventions qui ont été faites par les députés qu’ils appartiennent à la majorité ou à l’opposition, un élément, un seul, qui pouvait faire craindre que cela soit un retour sur ce qui est demandé en matière de contrôle, de régularité, de neutralité, etc.
Bien au contraire, puisque nous avons, nous-mêmes à l’Assemblée introduit la présence des magistrats, comme éléments de contrôle, sur ces élections au niveau local. Curieusement peu de gens ont parlé, y compris d’ailleurs El Moudjahid. C’est un point important et c’est là, le fondement de ces réformes politique engagées.

Dans quel but est venue la loi électorale ?

La loi électorale est venue pour apporter ces changements. L’organisation de ces élections dans des conditions encore plus rigoureuses plus régulières, plus transparentes et encore plus contrôlées que par le passé. C’est un point important.
Je crois qu’à ce niveau, nous avons procédé à un véritable enrichissement et j’insiste pour dire que ce point n’était pas inscrit dans le projet du gouvernement. Ce sont les députés et l’Assemblée qui l’ont rajouté.
Pour ce qui est bien entendu de la participation et du projet de la loi organique sur l’élargissement de la femme au sein des assemblées populaires élues et notamment sur sa représentation, je n’ai entendu, bien entendu, que des fadaises.
Et vous allez voir quand les listes seront ouvertes, vous serez surpris de voir le nombre de femmes qu’il y aura.
Le nombre de sièges qui vont être accordés par les électeurs aux femmes par cette loi sera  supérieur à 30 % de ce qui est venu du gouvernement. Nous avons voulu seulement moduler cette représentation de la femme en fonction de la densité de la population, celle -la même qui modulait la densité des électeurs en fonction de la densité de la population. Il n’y a pas d’inégalité dans le projet final. Il y a des wilayas qui ont quatre députés et d’autres trente. Il n’y a pas d’inégalité et cela ne change rien.
Donc pour la représentation des femmes, nous avons estimé que dans les zones de fortes densités, en particulier dans les grandes villes et grandes agglomérations du pays où l’on a constaté la présence de femmes dans de hautes fonctions, de grandes responsabilités, dans l’enseignement, la santé, la justice, etc. Et là où il y a une forte proportion de femmes cadres, il peut y avoir plus de possibilités de présenter des candidates qui seront en mesure d’exercer cette représentation nationale alors que dans les zones les moins peuplées, avec moins de cadres, moins de densité de popultions et aussi pour des considérations sociologique et géographique cette représentation pouvait atteindre le niveau de 20 % alors  qu’ailleurs, plutôt 40 %. Ce sont les seules considérations qui ont été prises en compte. Ni plus ni moins.
Alors j’ai entendu des commentaires, des spéculations où l’on joue sur les chiffres du genre comment on va faire avec une représentation qui pour quatre sièges prévoit 0,8 femme, comme si on pouvait prévoir 1,33 femmes et pas 0,8 femme. Toutes ces affabulations sont gratuites sachant que tout le monde sait que dans ce genre de calculs, c’est le chiffre entier qui est retenu.
Ce sont des choses qui vont être détaillées maintenant par les textes d’application et bien au contraire l’Assemblée n’a pas réduit la représentation féminine mais elle l’a améliorée. Et surtout elle lui a donné un contenu beaucoup plus conforme que ce qui est dans la réalité du terrain et des exigences de la répartition démographique et de développement du pays.
Quant à un point qui n’était que la préoccupation d’un ou de deux partis qui ont eu plus à  agir pour garder des députés en leur sein, l’APN ne légifère pas pour un  parti, mais pour la nation. Or les choses de ce point de vue pour nous sont claires et l’Assemblée avait déjà donc amendé le texte. Dans ce sens et conformément à la constitution telle qu’elle est aujourd’hui, nous pouvons dire que la volonté d’un parti ne peut se substituer à la volonté populaire, que le mandat est un mandat individuel, qu’il est donné par le peuple et quand celui-ci le donne, personne ne peut le retirer.
Même si à titre personnel j’avais mis en garde le président de la commission des affaires juridiques sur ce point dans le cas d’une proposition de retirer le mandat aux élus d’un parti qui aurait été dissout, le conseil constitutionnel avait tout simplement dit que cela ne peut se faire puisque le mandat est individuel et la volonté populaire est au dessus de tous. L’élu garde son mandat, sauf si la justice en décide autrement. Et à ce niveau nous entrons dans le cas de figure générale, bien entendu.
Donc, comme vous voyez tous les amendements de fond qui ont pu être introduits allaient dans le sens de l’amélioration, dans le sens d’une prise en compte de la constitutionnalité de la loi et dans le respect surtout de la volonté populaire. Le reste, ce sont des spéculations partisanes sans incidence. Je peux vous affirmer que sur le plan législatif de notre travail nous n’avons fait qu’accomplir notre devoir en nous engageant avec le Président de la République de renforcer un processus démocratique et du respect de la volonté populaire.

La loi sur les partis politiques qui vient d’être promulguée ouvre de grands horizons sur la scène nationale. Quels sont ses apports à la société et au pluralisme ?

Bien évidemment, c’est très important d’ouvrir plus largement le champ politique aux partis. En réalité, les courants de forces politiques sont présents et ont été déjà présents sur le terrain. Maintenant si des citoyens et des citoyennes qui souhaitent se rassembler au sein de partis nouveaux appelés à être créés, pourquoi pas ? C’est la règle du jeu du pluralisme politique. Le tout est de s’intégrer dans le cadre de la loi et le peuple tranchera en définitif.
On oublie souvent l’évolution des Etats et de leur histoire, comme à titre d’exemple, dans des pays du nord non loin nous, dans la Méditerranée, certains pays qui, dans sur les textes n’ont pas dix mais plus de trois cents partis dont beaucoup meurt dans l’obsolescence pour des raisons d’incapacité de survivre, faute de militants, d’apport à la société.  
Il va de soi que le parti, en tant qu’association de citoyens qui se rassemblent sur la base d’un certain nombre d’objectifs, de principes, sur une base nationale d’unité et de cohésion peuvent se constituer en partis dans un échiquier politique libre et la nouvelle loi sur les partis politiques n’est contraignante en rien pour peu qu’ils s’appliquent au respect de ses dispositions constitutionnelles. Comme il ne faut pas oublier que la création de partis impose des obligations au sein de la société et des obligations à l’Etat sachant que cela engendre des coûts au budget de l’Etat et en conséquence cela demande un minimum de représentativité. Donc à travers l’avènement de nouveaux partis, c’est aussi une participation, plus large au sein de la société qui aura son utilité, qui enrichit le débat et les Algériens auront plus de forces politiques, plus de possibilités et un peu plus de bulletins de vote. Mais toujours est-il que c’est un plus pour la société qui enrichit le débat.
Le code de l’information intervient également dans le cadre de la liberté d’informer et d’encadrer la profession.

Où en est le projet de la chaîne parlementaire ?

Nous avons effectué toutes les étapes nécessaires et le chef de l’Etat a, en ma présence donné le feu vert car dans ce genre d’affaire c’est à l’exécutif que revient la tâche. Et nous attendons la mise en œuvre de l’exécutif de ce projet qui traîne beaucoup les pieds dans ce domaine sinon toutes les conditions ont été réunies.

Peut-on dire qu’avec ces lois sur les réformes politiques, les objectifs de changement seront atteints.

Bien entendu, le changement souhaité par l’opposition est de devenir la majorité. Le changement souhaité par la majorité est qu’elle reste majoritaire, qu’elle fasse mieux. De quel changement on peut parler. Le changement de quoi, vers quoi, quand bien même nous sommes tous pour le changement pour plus d’amélioration du niveau de vie des Algériens, pour une meilleure performance de l’économie du pays, pour une représentation plus conforme aux vœux de la population. En fin de compte, ce sont les Algériens eux seuls qui décideront du changement. Et c’est le citoyen algérien qui décidera de ce changement le jour où il ira voter, accomplir son devoir de citoyen. Le changement qui est une certitude pour le citoyen algérien consiste à améliorer ses conditions de vie, de travail, son système éducatif, son pouvoir d’achat, ses loisirs.   
Quant au changement pour les partis politiques, chaque parti souhaite devenir majoritaire ou rester dans la majorité. C’est une légitimité. Maintenant il est important de s’entendre sur le concept de changement.
Franchement, l’Algérie est, et demeurera une République. Le changement consiste en l’amélioration des conditions de vie des citoyens qui feront le changement le jour où ils iront voter.
Et pour être en phase avec les contextes du printemps arabe, il faut cesser de faire des comparaisons absurdes. Chaque pays possède ses spécificités, ses problèmes, ses particularités, son parcours, son histoire, son combat. En fait chaque pays a sa propre organisation de son Etat, de son système. Aucune comparaison ne peut être faite entre l’Algérie et d’autres pays.

Pourquoi on évoque le changement que dans le cas des pays arabes ?

Quand il y a des changements en Amérique latine, personne ne parle de vague et nul ne trouve à dire un mot.
Ce sont des pressions psychologiques, des inductions que font les uns et les autres en fonction de leurs intérêts.
Et quand nous avons à faire à un peuple intelligent, grâce à Dieu, qui sait quand il faut dire non et quand il faut se révolter, quand il faut  juger, peser les choses avec circonscription, nous n’avons pas d’angoisse à nous faire avec cette question que nous laissons aux journalistes.

Quelle lecture faites-vous de l’année législative 2011 marquée notamment par l’adoption de 22 lois?

Bien entendu, les députés ne sont pas des électrons libres qui peuvent décider, seuls, de ce qu’ils doivent faire. Il y a une assemblée, un bureau, des commissions, des échanges avec le gouvernement.
Vous savez, tous les députés peuvent introduire des amendements mais tous les amendements ne sont pas acceptés. Il y a une majorité qui doit décider. Ces députés sont membres d’une alliance présidentielle qui est là pour mettre en œuvre le programme du Président de la République.
C’est en cela que nous sommes tous engagés, notamment ceux qui sont dans la majorité,
Ce sont en tout cas de figure, des préoccupations qui répondent aux attentes des citoyens et qui tiennent compte des capacités de l’Etat algérien.
Légiférer est une mission sérieuse, méticuleuse et effectivement, on peut parfois diverger sur l’ordre de priorité tout simplement, de donner un peu plus d’un côté que d’un autre. C’est l’objet d’un débat et toutes les lois sont différentes avec chacune ses propres objectifs.
Effectivement le débat a lieu sur l’agencement de ces priorités, sur l’appréciation que nous pouvons avoir différemment faire sur tel ou tel secteur de la vie politique, social ou culturel, en particulier ou économique. C’est un travail que font l’ensemble des députés de la planète.

En rapport avec le contrôle parlementaire, beaucoup a été dit. Qu’en pensez-vous ?
Effectivement, je considère et sans juger quiconque, le contrôle parlementaire est bien plus élevé que j’ai connu par le passé. Les députés ont un sens élevé de leur mission et de  leur responsabilité politique. Une prise en compte des réalités politiques, surtout une forme de discipline partisane qui a particulièrement très bien fonctionné et qui a montré effectivement, que chacun au niveau de son parti ,est conscient des enjeux et de la responsabilité qui incombe à un député.
Durant cette législature du début à nos jours, j’ai été le plus agréablement surpris par le niveau politique, la qualité des débats de tous les députés, qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition.

Et de l’absentéisme, qu’en est-il ?
Il faut que je remettre les choses en mains. Je reviens au terme de l’absentéisme qui est évoqué dès qu’une personne se saisit du mot et voilà que tout le monde en parle.
Au niveau des questions orales, l’absentéisme est certes plus visible puisque lors de ce cycle de questions orales, les députés interpellent les représentants du gouvernement au nom des concitoyens et les réponses des ministres s’adressent, en direct à la télévision, à l’ensemble des concitoyens.  Donc, l’absentéisme qui ne concerne que les questions orales, une affaire sans débat, est une question toute relative puisque les députés se trouvent occupés au niveau du travail ‘une commission, être sur le terrain pour les besoins de contrôle et de suivi des affaires au niveau local.
En règle générale, les députés sont présents dans l’enceinte de l’Assemblée et accomplissent leurs missions et responsabilités au sein des commissions. Et pour preuve, depuis le début de la législature, je n’ai jamais eu à reporter une séance de vote par un manque de quorum. Autrement dit, dans les moments importants, les députés sont présents.
Je souhaite qu’il y ait plus de présence dans le travail des commissions et c’est à ce niveau que l’on note parfois des défections et s’il faut réaménager des dispositions du règlement intérieur pour plus de présence en particulier au niveau des commissions, considérant l’importance du travail des commissions, c’est sur ce plan qu’il faudrait prendre des mesures et imposer des sanctions. D’où il est nécessaire de relativiser les choses à ce sujet.

Un mot sur la diplomatie parlementaire ?
Les parlementaires algériens ont été présents et actifs dans tous les parlements régionaux ou internationaux et dans tous les forums des Parlements du monde, comme nous avons défendu les causes de notre pays et nous avons exprimé notre point de vue sur celles internationales que l’Algérie estime juste. Nous avons pris des positions et nous le ferons à chaque fois que c’est nécessaire.
Le travail a été fait par nos parlementaires en permanent au sein de ces instances interparlementaires avec beaucoup d’efficacité et ceci a été effectué avec beaucoup de coordination et de concertation avec notre représentation étrangère.

L’assemblée et ses débats ?
Un député vaut un député et en tant que tel, il appartient à un parti ou dans un groupe indépendant, avec ou sans groupe de cinq ou de trente députés. La règle égale pour tous dans le cas de la représentation démocratique. Aussi il peut présenter autant d’amendements qu’il veut. Et on ne doit pas juger le fait sur cette période d’engouement, de conjoncture préélectorale, due au fait qu’on encourage l’exercice de la démocratie. Donc chaque député qui souhaite être réélu, un parti qui souhaite avoir plus de voix, se manifeste automatiquement et c’est dans les règles du jeu. C’est son droit de présenter des amendements et l’assemblée est souveraine de les accepter ou de les rejeter. Le bureau de l’APN n’est pas un bureau de censure. Aussi est-il chargé de gérer l’Assemblée et les séances en faisant respecter le règlement intérieur.

Votre avis sur le comportement de l’opposition dont on observe des scissions et des dissidences?
A mon avis, dans une jeune démocratie, la sédimentation a besoin du temps. Effectivement, on assiste à des secousses et des réaménagements qui se font. On se cherche, on se recherche et évidemment, cela se traduit par une vitalité qui bonifie cette jeunesse de la démocratie représentative et parlementaire en Algérie, surtout après les malheurs que nous avons vécus dans les années 90. Aussi durant ces dix ou douze ans de réelles pratiques démocratiques qu’est-ce que cela peut faire ? Et bien évidemment ces petites secousses au sein des formations politiques et même les tribulations au sein des partis d’importance ne font pas de mal non plus et n’ont pas la même signification. Elles expriment une certaine vie interne au sein  des partis.
Nous avons au sein de l’APN 21 partis représentés. Un sacré chiffre sans compter les nouveaux partis qui vont intégrer la scène qui devront avoir les 7 % des suffrages nécessaires pour être représentés. Nous verrons comment cela va se concrétiser et avoir son apport sur les familles politiques dominantes et les grandes lignes de forces qui vont peupler le paysage politique national.

Votre vision du nouveau paysage qui se profile à l’horizon ?

Sur ce plan, il incombe aux partis politiques de choisir en leur sein les meilleurs cadres, surtout ceux qui ont une popularité, la confiance des citoyens et évidement répondant aux critères souhaités comme la probité, la qualité des contacts avec les citoyens. Il faut en outre respecter les prérogatives de l’institution et des députés. Si l’on veut crédibiliser à l’avenir l’activité politique des partis et du pluralisme, il faut que là où les partis interviennent, leur implication se fasse sentir sur ceux qui vont les représenter là ils seront élus.
Et pour ce faire, il faut que les prérogatives de toutes les assemblées élues soient respectées. Ce n’est pas hélas le cas aujourd’hui et c’est là que les améliorations apportées peuvent être faites par les changements opérées par les lois. Il faut rendre à l’administration ce qui lui appartient qui doit être bien effectué. Et laisser le reste à faire aux représentants des populations en tant que porte-paroles de leurs concitoyens.  
Le meilleur des représentants, au niveau local ou national, ne peut accomplir son travail que si ses attributions en tant qu’élu, le mandat accordé par ses électeurs et l’institution qu’il représente sont totalement respectés. La compétition sera alors dure et c’est à ces conditions que peuvent émerger les compétences nationales et la mise en œuvre des politiques. 

Comment alors peut-on arriver à allier ce but avec les objectifs de la réforme des lois ?

Nous sommes en train de renforcer l’Etat-nation et monter les murs de l’édification de l’Algérie. C’est une grande entreprise dont l’objectif essentiel et permanent des réformes politiques adoptées et celles que nous avons améliorées constitue la mise en place d’un Etat de droit et de la bonne gouvernance. C’est à chaque fois, une amélioration de l’Etat de droit.
D’autres lois vont venir notamment avec les réaménagements à apporter à la Loi fondamentale annoncés pour asseoir les véritables fondements démocratiques et pluralistes d’un Etat au service des citoyens, des citoyens confiants en leurs institutions et totalement impliqués dans le déroulement des affaires de leur pays.  Il s’agit en fait  d’atteindre l’équilibre des pouvoirs entre le législatif et l’exécutif qui est l’un des objectifs souhaités de la révision des lois en plus de celles relatives à la commune, la wilaya, le code de l’information. Mais ce n’est pas suffisant. Il faut attendre d’autres changements à la faveur de la révision de la constitution.

Comment peut-on qualifier les débats à l’Assemblée ?

Quant aux débats à l’Assemblée, il s’agira surtout de confiance et de dialogue entre les différents groupes et partis pour arriver à admettre les opinions de chacun, à s’écouter, à s’entendre et à se faire respecter en tant que majorité, en tant qu’opposition, et faire quand c’est nécessaire son autocritique en laissant l’arbitrage à une majorité des voix. Pour ce qui est de l’opposition pour qui j’ai toujours eu un grand respect, j’ai toujours agi dans le sens de l’équilibre afin de leur permettre l’expression libre des positions et à ce que les autres les écoutent et que l’on prend en compte leurs avis et mise en garde. Il faut à ce titre, rester attentif et profiter de tous les avis car autrement,  l’autisme politique est extrêmement dangereux pour la gestion des affaires publiques et encore plus dans un pays qui a payé un lourd tribut à cette jeune démocratie.
La confiance dans une institution se concrétise quand elle joue pleinement son rôle et accomplit ses missions et que ses attributions soient respectées par l’exécutif et le législatif. Une règle de confiance de l’institution par ses citoyens. Pour ce qui est de la confiance individuelle, elle est le résultat de ce que penseront les citoyens qui auront à élire leurs représentants et suivre leurs actions, leur présence et leur participation au sujet des préoccupations exprimées.

Entretien réalisé par Houria Akram