DISCOURS
de Monsieur Amar SAADANI
PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE POPULAIRE NATIONALE
PRONONCE A L’OCCASION DE LA VISITE DE
MONSIEUR MOHAMED KHATAMI, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ISLAMIQUE D’IRAN
--------------------
Alger, 03 Octobre 2004
AU NOM DE DIEU, CLEMENT ET MISERICORDIEUX,
QUE LA PAIX ET LE SALUT SOIENT SUR SON ENVOYE
Monsieur le Président,
Honorables invités,
Mesdames et Messieurs les Députés,
Honorable assistance,
Mesdames et Messieurs,
C’est, pour moi, un grand honneur de souhaiter, en votre nom à tous, la bienvenue à notre honorable hôte, Son Excellence Monsieur Mohamed KHATAMI, Président de la République Islamique d’Iran qui effectue une visite d’Etat dans notre pays.
Cette visite est un événement d’une très grande importance pour les représentants du peuple. Elle est l’expression d’une profonde et solide amitié, de considération et de fraternité mutuelles. Elle vient en effet confirmer tout l’intérêt que vous portez vous-même, Excellence, ainsi que votre frère, Son Excellence Monsieur Abdelaziz BOUTEFLIKA, aux relations très étroites qui lient nos deux peuples et nos deux pays.
Elle intervient, Excellence, une année après la visite effectuée par Son Excellence, le Président Abdelaziz BOUTEFLIKA, en Octobre de l’année dernière, en République Islamique d’Iran, visite qui a été un présage favorable aux relations algéro-iraniennes. Elle intervient dans un contexte où l’Algérie assiste, avec fierté et orgueil, à la réconciliation de tous ses enfants, couronnement de la politique de concorde nationale.
initiée par Son Excellence, le Président de la
République et adoptée par l’ensemble des Algériens et des Algériennes, et à un
moment où l’Algérie retrouve sa stabilité et enregistre des progrès tangibles
dans tous les domaines, les élections présidentielles du 08 Avril dernier ayant
définitivement consacré la démocratie comme acquis irréversible. Votre visite,
Excellence, vient ajouter un nouveau jalon et apporter un appui réel à l’édifice
des relations de coopération et de solidarité entre nos deux pays.
Monsieur le Président,
Votre présence, parmi nous, constitue un événement majeur pour notre Institution législative, en ce qu’elle symbolise une profonde détermination à œuvrer pour le renforcement des liens d’amitié, de fraternité et de solidarité entre nos deux peuples et les Institutions de nos deux pays, et en ce qu’elle représente, pour notre Assemblée, comme gage d’amitié lointaine et profonde entre nos deux peuples dont l’apport à l’une des plus anciennes civilisations humaines reste indéniable ; une civilisation bâtie par l’ensemble des peuples musulmans et qui a été, de tous les temps, une gloire pour l’Humanité, car c’est par l’équilibre entre les valeurs matérielles et spirituelles, par le respect de la dignité, des droits et des devoirs de l’Homme, et par l’observance des vertus de l’équité et de la modération qu’elle s’est forgée, et c’est par la somme des connaissances qu’elle véhicule qu’elle a assuré sa pérennité à travers les âges et sa présence dans toutes les contrées, et qu’elle a contribué, remarquablement, à la formation des valeurs nobles de l’Humanité. Une civilisation qui n’est jamais allée à contre- courant des autres civilisations, dont elle a, pacifiquement et affectueusement adopté et fait siens les idéaux qu’elles véhiculent.
Elle a contribué, par ses vertus de tolérance, à
approfondir la conscience et la perception de l’Homme, et a été, pour les
cultures des peuples du monde, d’un apport aussi riche que diversifié, par
l’échange et le dialogue civilisationnels, en faveur desquels elle a proscrit
l’esprit d’affrontement et d’intolérance et banni les rancœurs et l’extrémisme.
C’est dans l’Islam et ses vertus de tolérance, c’est dans les idées humaines qui
prennent tout leur sens dans la foi en Dieu, que s’est forgée cette civilisation
faite de la rencontre des peuples et de leurs cultures, des peuples que la
géographie et la langue ont parfois séparés, mais que la foi en ALLAH a réunis
sous la bannière de l’Islam, des rives de l’Atlantique aux confins de la Mer de
Chine, en passant par l’Algérie et l’Iran. Se peut-il qu’une civilisation aussi
noble soit la cible de puissances aux slogans nobles mais aux agissements tout à
fait aux antipodes des principes affichés ? Se peut-il que cette civilisation
musulmane, si tolérante, soit l’objet d’accusations en totale contradiction avec
ses propres valeurs et fondements ? Cette civilisation puise toute sa substance
des préceptes du Coran Sacré, de la Sunna, de l’Ijtihad et de la liberté de
pensée ; elle porte en son sein des valeurs nobles qui invitent les peuples du
monde entier à se connaître, s’entraider et se solidariser, et s’interdit toute
distinction de sexe, de race, de couleur ou de langue, hormis celles de la foi
et du bien, une civilisation en faveur des libertés, et qui préserve aux
religions leur caractère sacré et garantit à l’être humain, tous ses droits.
Honorable Président,
Vous êtes, et vous avez toujours été un fervent défenseur du dialogue entre les civilisations et les cultures, de la justice et de la vertu, en ces temps qui voient s’élever des voix appelant à l’affrontement, la violence et le conflit. Homme de clairvoyance, de perspicacité et de sagesse dont les qualités sont reconnues par tous, homme d’expérience, d’intelligence et de savoir qui s’est mis au service de sa nation avec une conscience rarement égalée, la personnalité qui est parmi nous aujourd’hui a eu un parcours personnel, professionnel et politique des plus remarquables, un parcours où l’éducation spirituelle et les valeurs nobles fondent et fécondent l’intelligence, l’esprit, la raison, la sagesse et tout ce qui contribue aujourd’hui aux progrès de la société iranienne.
Me permettrez-vous, Excellence, de puiser dans le gisement de vos idées, pour vous emprunter une de vos réflexions à propos de la religion et des libertés : « servir l’Islam de manière sincère c’est reconnaître que la religion et les libertés sont indissociables » N’êtes-vous pas l’auteur de l’expression selon laquelle l’absence d’une connaissance parfaite des objectifs et finalités de la religion « fera de la religion une arme qui handicapera les progrès de l’Humanité » ?
C’est, fort de cette conviction, que vous avez exprimé des positions courageuses dénonçant toute forme d’extrêmisme, de violence et de terrorisme, et condamnant tous ceux qui, sous la couverture de l’Islam, commettent les actes les plus abjectes contre notre religion, notre civilisation et notre nation, actes totalement étrangers à notre religion qui, elle prône les principes de tolérance et de justice, et encourage le savoir et le travail, cette religion si noble, ne pouvant, en aucun cas devenir un moyen servant à commettre des injustices.
Par vos qualités d’homme rassembleur de diverses
tendances, par vos capacités de dialogue et de persuation, fondées sur la
démonstration et la logique, par les vertus de droiture et de tolérance que la
grâce de Dieu vous a accordées, par votre perspicacité et votre clairvoyance,
vous vous êtes fait le défenseur de la nation dans toutes les rencontres
internationales et vous avez réussi, en dépit de l’ingratitude des vaniteux, le
pari de susciter l’adhésion autour de l’idée de dialogue entre les
civilisations, dont vous êtes l’artisan.
Honorable Président,
L’Algérie suit avec intérêt l’évolution de la situation en Iran qui subit des pressions visant à entraver sa marche vers le développement scientifique et sa volonté de posséder les technologies modernes à usage exclusivement pacifique. Nous considérons qu’il s’agit d’un droit légitime auquel les peuples en développement doivent accéder et réitérons notre rejet de la « politique des deux poids, deux mesures » qui permet à Israël de se soustraire aux obligations édictées par la légalité internationale et la convention de non prolifération des armes nucléaires.
Les défis auxquels la nation musulmane doit faire
face, l’injustice et les agressions sauvages que subit le peuple palestinien,
les graves dangers qui pèsent sur le peuple irakien et qui menacent jusqu’à son
existence et l’intégrité de
son territoire, nous imposent d’œuvrer davantage pour resserrer les rangs de
notre nation qui aspire à une pleine solidarité entre ses enfants.
Les efforts que déploient nos deux pays pour faire face aux défis internationaux, notre engagement commun pour le renforcement de nos relations bilatérales dans tous les domaines, notre détermination à consolider nos positions sur la question du respect de la souveraineté des peuples et des droits de l’Homme, et sur la nécessité d’œuvrer pour l’élimination des foyers de tensions dans le monde et le renforcement de la paix et de la sécurité internationales, constituent autant de choix de principe que nous défendons avec toute la détermination voulue.
Pour son attachement aux idéaux de paix et de
sécurité, l’Algérie a payé un lourd tribut de ses meilleurs enfants, des hommes
qui ont sacrifié leur vie pour le triomphe de la paix entre les deux pays
frères, l’Iran et l’Irak, avec, à leur tête, feu Mohamed Seddik BENYAHIA, et un
groupe de hauts cadres algériens, que Dieu ait leur âme.
Honorable Président,
Cette Assemblée populaire nationale pluraliste qui
aura le privilège de suivre votre discours dans quelques instants, se compose de
dix formations politiques, outre les élus indépendants, une Assemblée qui
compte, en son sein, un éventail de tendances politiques et idéologiques aussi
nombreuses que diversifiées, et qui puise sa crédibilité et sa légitimité de la
justesse des thèses qu’elle défend et de son attachement à se faire le
porte-parole fidèle de toutes les couches populaires où qu’elles se trouvent
dans notre pays bien aimé, un pays fier aussi bien de la richesse de son
histoire civilisationnelle et de la diversité de sa culture authentique que de
son ouverture sur la modernité, la crédibilité et la légitimité, notre Assemblée
les puise aussi de l’intérêt qu’elle met à suivre l’évolution que vit le monde
moderne.
Monsieur le Président,
Pour terminer mon propos, je tiens à vous renouveler les vœux de bienvenue ainsi
qu’à tous les membres de la délégation qui vous accompagne, en formulant le
souhait que votre séjour dans votre pays, l’Algérie, soit agréable. Vous
trouverez, auprès de vos frères au sein du Parlement algérien, l’appui sincère
pour la promotion des relations de coopération entre nos deux Institutions
législatives, et le soutien nécessaire à l’intensification des efforts de nos
deux Gouvernements pour une meilleure valorisation des opportunités de
coopération qui s’offrent dans tous les domaines.
Avant de vous inviter, Excellence, à prendre la parole devant les députés de
cette honorable Assemblée, permettez-moi, Monsieur le Président, de vous offrir
ce modeste présent, qui, dans la tradition algérienne, est porteur de nombreux
symboles, dont la protection. Il est, dans notre mémoire collective, synonyme de
bravoure, de dignité et d’authenticité.
Que Dieu vous accompagne de son infinie protection et de sa bienveillance et
couronne de succès les nobles missions que vous menez.
Je vous remercie de votre aimable attention.